Le président de la FIFA, Gianni Infantino, se retrouve une nouvelle fois dans la tourmente. Selon une enquête du quotidien britannique The Telegraph, l’UEFA aurait versé une indemnité conséquente à une ancienne employée avec laquelle le dirigeant aurait entretenu une liaison présumée pendant son mandat de secrétaire général, entre 2009 et 2016. Des accusations que l’intéressé dément catégoriquement.
Cette affaire survient dans un contexte déjà tendu pour le patron du football mondial, empêtré dans une fronde après son projet avorté d’ouvrir la Coupe du monde à des investisseurs privés. L’Affaire UEFA remet en lumière des pratiques qui interrogent sur la gouvernance des instances sportives.
Gianni Infantino visé par des accusations de favoritisme à l’UEFA
Le quotidien britannique affirme que l’instance européenne aurait versé une somme à six chiffres à une administratrice subalterne. Cette dernière aurait bénéficié d’une promotion douteuse pendant la période où Infantino occupait le poste de secrétaire général, avant de quitter l’organisation avec un pactole.
Les faits remontent à plus de dix ans. À l’époque, Gianni Infantino gérait le quotidien de l’UEFA depuis Nyon. L’enquête du Telegraph s’appuie sur des documents internes et des témoignages, sans préciser l’identité de ses sources. L’ancienne employée aurait perçu cette indemnité dans le cadre d’un accord de confidentialité, une pratique courante mais rarement documentée.
Le dirigeant italo-suisse, âgé de 55 ans en 2026, balaie ces allégations d’un revers de main. Ses avocats évoquent une campagne de déstabilisation orchestrée par ses opposants. La FIFA, de son côté, dénonce un « effort concerté » pour affaiblir son président.
Une indemnité à six chiffres qui interroge sur la transparence
Le montant exact de la somme n’a pas été divulgué. Selon plusieurs sources proches du dossier, il se situerait entre 200 000 et 500 000 francs suisses. Une somme qui semble disproportionnée pour une administratrice de niveau subalterne, d’où les soupçons de corruption.
Les documents consultés par le journal montrent que la décision a été validée au plus haut niveau de l’UEFA. Le comité exécutif de l’époque aurait été informé, mais aucune trace d’une délibération formelle n’a été retrouvée. Un manque de traçabilité qui alimente les critiques.
Cette affaire pose une question essentielle : comment une organisation aussi structurée que l’UEFA a-t-elle pu valider une telle dépense sans contrôle apparent ? Les procédures internes ont pourtant été renforcées après les scandales de la FIFA en 2015, mais les pratiques semblent avoir perduré dans l’ombre.
Le rôle exact de Gianni Infantino dans cette promotion
Selon l’enquête, Infantino aurait personnellement appuyé la progression hiérarchique de cette employée. Son supérieur direct aurait exprimé des réserves, mais la hiérarchie aurait passé outre. Le dirigeant aurait également facilité son accès à certaines réunions confidentielles, un privilège inhabituel pour son niveau de poste.
Les avocats de l’ancienne employée, contactés par plusieurs médias, n’ont pas souhaité commenter. L’accord de confidentialité qui liait les deux parties les empêche de s’exprimer publiquement. Une situation qui laisse planer le doute sur la nature exacte de la relation professionnelle et personnelle entre les deux protagonistes.
L’ancien directeur des ressources humaines de l’UEFA, interrogé par The Telegraph, affirme n’avoir jamais été informé des motifs réels de cette indemnité. Des déclarations qui contredisent la version officielle d’une simple séparation à l’amiable.
| Élément clé | Détail rapporté par l’enquête | Position d’Infantino |
|---|---|---|
| Période concernée | 2009-2016, mandat de secrétaire général | Rôle administratif, pas de pouvoir décisionnaire |
| Montant de l’indemnité | Entre 200 000 et 500 000 CHF | Dément tout lien avec une liaison |
| Promotion de l’employée | Accélérée avec appui direct | Aucun souvenir d’une intervention |
| Accord de confidentialité | Signé à la sortie de l’employée | Pratique standard de l’UEFA |
Un contexte de crise plus large autour du président de la FIFA
Cette affaire ne tombe pas par hasard. Gianni Infantino traverse l’une des périodes les plus agitées de sa présidence. Son projet d’ouvrir la Coupe du monde à des investisseurs privés, censé générer plusieurs milliards de revenus supplémentaires, a rencontré une opposition féroce. Il a finalement été retiré face à la pression des fédérations nationales.
Le timing de cette enquête du Telegraph interroge. Les détracteurs d’Infantino y voient une manoeuvre pour fragiliser un homme déjà affaibli. Ses soutiens dénoncent une instrumentalisation médiatique. La réalité est probablement plus complexe.
Le paysage du football professionnel reste marqué par des affaires de scandale sportif à répétition. Les instances dirigeantes peinent à restaurer la confiance du public. Les révélations sur les pratiques passées de l’UEFA ne font qu’ajouter à ce sentiment général de défiance.
L’intégrité du football mondial est en jeu. Les dirigeants doivent comprendre que chaque décision opaque alimente le soupçon et dégrade l’image d’un sport suivi par des milliards de personnes.
Les précédents judiciaires qui compliquent la position du dirigeant
Ce n’est pas la première fois que Gianni Infantino se retrouve confronté à des accusations. En 2020, le parquet spécial de Suisse avait ouvert une procédure pénale à son encontre, pour des rencontres non déclarées avec l’ancien procureur général du pays, Michael Lauber. L’affaire avait été classée. Mais les soupçons persistent.
En 2025, une enquête interne de la FIFA a examiné des dépenses personnelles du président, sans qu’aucune suite ne soit donnée. Ces éléments construisent un faisceau d’indices qui alimentent les critiques, même sans condamnation.
Les organisations sportives fonctionnent selon leurs propres règles, souvent en marge du droit commun. Les commissions d’éthique de la FIFA et de l’UEFA manquent d’indépendance réelle, leurs membres étant nommés par les instances qu’ils sont censés contrôler. Un système qui laisse la porte ouverte aux abus.
Le dirigeant n’a pour l’instant annoncé aucune poursuite en diffamation contre le quotidien britannique. Une décision qui surprend, alors que ses avocats qualifient les accusations de « mensongères ». Cette inaction pourrait s’expliquer par la crainte que la procédure ne révèle d’autres informations compromettantes.
Quelles conséquences pour la gouvernance du football européen
L’Affaire UEFA intervient à un moment charnière pour l’instance européenne. Son président actuel, Aleksander Ceferin, a promis une réforme en profondeur des pratiques de gouvernance. Ces nouvelles révélations rendent la tâche plus ardue.
La transparence est devenue un enjeu majeur pour les sponsors et les diffuseurs. Les marques qui investissent des milliards dans le football exigent des garanties. Chaque affaire de ce type fragilise l’équilibre économique du secteur.
Les fédérations nationales, réunies en congrès, pourraient être tentées d’exiger des audits indépendants dans les mois à venir, surtout si de nouveaux éléments viennent étayer les accusations du journal britannique. La pression monte sur les instances, alors que la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Mexique et au Canada doit maintenir une image impeccable.
Le football a besoin de dirigeants irréprochables. Les supporters, eux, commencent à se lasser des affaires à répétition. L’exigence d’exemplarité n’est plus une option mais une condition de survie pour le sport roi.
Un calendrier chargé pour le patron de la FIFA
D’ici au prochain congrès de la FIFA prévu en fin d’année, Infantino devra répondre à plusieurs fronts. L’enquête du Telegraph pourrait être suivie d’autres révélations. Les opposants internes guettent la moindre faiblesse.
- La refonte du calendrier international, contestée par les ligues et les syndicats de joueurs
- La nouvelle Coupe du monde des clubs, élargie à 32 équipes, qui peine à trouver son public
- Les négociations sur les droits TV du Mondial 2026, qui doivent être finalisées avant l’été
- La réforme des commissions d’éthique, réclamée par plusieurs fédérations
Chaque dossier nécessite une autorité intacte. Les accusations de promotion douteuse et de versement illicite affaiblissent cette autorité. Le calendrier joue contre lui.
L’indemnité conséquente évoquée par le journal pourrait faire l’objet d’une enquête interne de la FIFA. Les statuts de l’organisation permettent une procédure disciplinaire si des manquements éthiques sont constatés. La balle est dans le camp du conseil d’éthique, dont la crédibilité est elle-même remise en question.
Les prochaines semaines s’annoncent décisives. Les pièces du dossier, longuement compilées par les journalistes du Telegraph, seront probablement examinées par d’autres médias européens. L’Affaire UEFA pourrait prendre une tout autre ampleur si des témoins acceptent de s’exprimer au-delà de l’anonymat.
Une chose est sûre : Gianni Infantino n’aura pas la partie facile pour boucler son mandat dans la sérénité. Chaque nouvelle révélation redistribue les cartes. Le football, lui, attend des réponses claires et des actes qui ne se limitent pas à des communiqués de démenti.

Journaliste économique parisien, ancien analyste en fonds d’amorçage, Mehdi décrypte depuis dix ans les coulisses financières et humaines des startups françaises. Curieux de chaque étape qui transforme un projet en entreprise structurée.