À seulement 21 et 22 ans et sans expérience, ils lancent un Biocoop : découvrez comment leurs deux magasins ont prospéré en 5 ans

À seulement 21 et 22 ans et sans expérience, ils lancent un Biocoop : découvrez comment leurs deux magasins ont prospéré en 5 ans

En novembre 2021, Nicolas et Vincent Quiblier ouvraient leur premier Biocoop à Thonon-les-Bains. Ils avaient 21 et 22 ans, zéro expérience professionnelle, et un statut de jeunes entrepreneurs que personne n’attendait dans la distribution bio. Cinq ans plus tard, le pari est gagné : deux magasins, une quarantaine de salariés, et un chiffre d’affaires qui dépasse largement les moyennes nationales.

Leur parcours mérite qu’on s’y attarde. Voici comment deux frères, fraîchement diplômés d’une école de commerce, ont réussi à s’imposer dans le commerce bio en plein cœur de la Haute-Savoie.

Un duo de frères sans expérience, mais avec une vision claire

Nicolas et Vincent Quiblier sont fils de commerçants. Ils connaissent les contraintes du terrain, les horaires, la relation client. Mais ils n’ont jamais dirigé un magasin. Leur parcours passe par l’École hôtelière de Lausanne, une école de commerce spécialisée dans l’hôtellerie-restauration. Diplômés fin 2020, en pleine crise du Covid, ils galèrent à trouver leur voie.

Le déclic vient de l’enseigne Biocoop. Son modèle coopératif les séduit. Pas de franchise classique, pas de redevances alignées sur un actionnariat lointain. Des sociétaires, des producteurs locaux, des décisions prises en collectif. Les deux frères candidatent et intègrent une formation « porteur de projet » proposée par le réseau.

La formation « porteur de projet » : un sésame pour les profils atypiques

Ce parcours dure entre six mois et un an. Il alterne stages en magasin, apprentissage du management, des finances, des logiciels, des techniques de vente. Pour des jeunes entrepreneurs sans expérience, c’est une immersion accélérée. Vincent raconte : « Nous avons appris le métier de gérant sur le terrain, avec des tuteurs et des formateurs dédiés. »

Cette formation a un double avantage. Elle rassure l’enseigne qui recrute des profils hors norme. Et elle prépare les futurs gérants aux réalités du métier, loin des schémas classiques de la grande distribution.

Un premier magasin de 600 m² à Thonon-les-Bains

En 2021, les frères Quiblier ouvrent leur premier Biocoop à Thonon-les-Bains, leur ville d’origine. L’enseigne prévoit de s’implanter en Haute-Savoie et leur confie un magasin flambant neuf : 600 m² de surface de vente, une quinzaine de salariés. C’est bien plus grand que la moyenne des Biocoop en France.

Les deux gérants, statut sociétaire en poche, ont les mains libres. Leur priorité : l’ancrage local. Ils organisent des interventions de producteurs locaux chaque semaine. Fromages, légumes, miel, charcuterie : les clients découvrent les visages derrière les produits. Cette proximité devient leur marque de fabrique.

Un accompagnement renforcé par la coopérative

La première année, les deux frères ne sont pas seuls. Un parrain, gérant expérimenté, les épaule à chaque difficulté. S’ajoutent des conseillers financiers, des experts vente, des appuis RH. Le réseau Biocoop met à disposition un savoir-faire complet.

Cette béquille est essentielle pour des dirigeants aussi jeunes. Elle leur évite les erreurs classiques de gestion et de recrutement. Les salaires des deux frères, entre 2 000 et 3 000 euros bruts mensuels la première année, reflètent une prudence financière bienvenue.

Deux magasins, 40 collaborateurs : la croissance rapide

Deux ans après l’ouverture, en 2023, les frères réitèrent. Un second magasin voit le jour à quinze minutes en voiture du premier. Même recette : produits locaux, équipe formée, gestion serrée. Le bouche-à-oreille fonctionne, la clientèle suit.

Aujourd’hui, chaque magasin génère entre 3,5 et 4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel. La moyenne nationale pour un Biocoop est de 2,3 millions. Surperformance nette. À deux, ils manageent 40 collaborateurs et décident eux-mêmes de leur rémunération, indexée sur les résultats de l’entreprise.

Un rythme soutenu, un équilibre trouvé

« C’est un métier prenant mais passionnant », confie Vincent. Les deux frères s’accordent deux jours de repos par semaine, un luxe dans ce secteur. Cette discipline leur permet d’éviter l’épuisement, tout en gardant un niveau d’exigence élevé.

Leur réussite interroge : faut-il vraiment des années d’expérience pour diriger un commerce bio ? Leur parcours prouve que non. La formation, l’accompagnement et une vision claire compensent largement l’absence de CV.

Les clés de la réussite des frères Quiblier

Plusieurs facteurs expliquent cette success story dans le secteur de l’alimentation biologique.

  • Une formation intensive : le parcours porteur de projet de Biocoop a comblé le manque d’expérience en moins d’un an.
  • Un ancrage territorial fort : Thonon-les-Bains est leur ville natale. Ils connaissent les acteurs locaux, les producteurs, les habitudes de consommation.
  • Des initiatives locales régulières : chaque semaine, des producteurs interviennent en magasin. Ce lien direct crée une fidélité rare.
  • Un accompagnement réseau complet : parrain, conseillers financiers, experts vente : la coopérative fournit une expertise dense.
  • Une gestion prudente des rémunérations : un salaire modéré la première année, indexé sur les résultats ensuite. Les associés se rémunèrent selon les performances réelles.

Un modèle coopératif qui séduit les jeunes générations

L’enseigne Biocoop attire de plus en plus de profils en reconversion. Le modèle coopératif, avec ses 750 magasins en France, offre une alternative aux franchises classiques. Les candidats y cherchent du sens et une forme d’engagement militant.

Les frères Quiblier incarnent cette nouvelle vague. Jeunes, sans expérience, mais portés par une conviction forte : le commerce bio peut être performant sans renier ses valeurs. Chiffres à l’appui, ils démontrent que le bio et la rentabilité font bon ménage.

Un benchmark pour les jeunes entrepreneurs du secteur bio

Ce parcours offre plusieurs enseignements pour qui veut se lancer. D’abord, l’absence d’expérience n’est pas un obstacle absolu. La formation et le réseau peuvent la compenser. Ensuite, le commerce local reste un terrain porteur, à condition d’y investir du temps et de la constance.

Leur chiffre d’affaires, supérieur de 50 % à la moyenne nationale, prouve que la proximité paie. Les consommateurs veulent du lien, des producteurs identifiables, des produits de saison. Biocoop, avec son modèle coopératif, offre un cadre adapté à cette attente.

Et maintenant ? Les deux frères ne s’interdisent rien. Un troisième magasin, des agrandissements, ou la transmission de leur savoir-faire à d’autres jeunes entrepreneurs. Leur histoire n’est pas un simple fait divers. C’est une démonstration que l’entrepreneuriat dans le commerce bio reste accessible, même quand tout semble joué d’avance.

Les cinq années qui viennent diront si la croissance se poursuit. Mais le cap est posé : Nicolas et Vincent Quiblier ont réussi là où beaucoup d’enseignes échouent, en conciliant performance commerciale et engagement militant.

Indicateur Magasins des frères Quiblier Moyenne nationale Biocoop
Chiffre d’affaires annuel 3,5 à 4,5 M€ 2,3 M€
Surface de vente 600 m² Variable
Effectif total 40 collaborateurs (2 magasins) NC
Ancienneté dans le réseau 5 ans NC
Rémunération des gérants la 1ère année 2 000 à 3 000 € bruts/mois NC

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Pour tout porteur de projet en quête de repères, l’équation est simple : une formation solide, un réseau structurant, une implantation locale choisie avec soin. Le reste tient au travail quotidien et à la passion du métier.

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